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February 12 Les brûmes d'éther de l'ouestUn dieu ou un autre lui aura chuchoté que cette quête particulière serait sans doute celle dont on se souviendrait le mieux, longtemps après sa disparition. Voilà pourquoi Grimload n’hésita pas longtemps avant de partir avec son équipage à la découverte de nouvelles terres. Il choisit d’affronter l’inconnu espérant qu’Eole les pousserait jusqu’aux brumes d’éther de l’ouest. Aucun navire n’était jamais revenu de cette contrée maritime que ni le vent ni le soleil ne réussissaient à pénétrer. Grimload comptait parmi ses hommes les épaules les plus robustes du peuple viking. Avec l’appui de Thor et la cadence du tambour d’Artol, il était persuadé de pouvoir souquer à travers les brumes d’éther et percer leur secret. Que cachaient-elles ? De nouvelles terres ? La fin du monde ? La maison des dieux ? Il serait le premier à le découvrir et à en revenir sain et sauf. Le drakkar fut chargé : bière, viande salée, cochons, chevaux, eau douces et armes ; le maximum que pouvait contenir le navire. Une fête en l’honneur des dieux fut donnée pour attirer leur bienveillance, et enfin les adieux aux femmes avant le grand départ. Quand reviendraient-ils ? Nul ne le savait. Reviendraient-ils ? Nul ne pouvait le dire. Au dixième jour d’un vent favorable, une tempête éclata. Le grand drakkar n’était plus qu’une coquille de noix ballottée par des vagues de plus de vingt pieds. Les hommes attachés à leurs bancs par des cordes et assaillis par les eaux s’arqueboutaient aux rames pour maintenir le drakkar face aux rouleaux ; une lame prise de flan aurait brisé le bateau comme une main divine. Pour calmer cette fureur il fallait un sacrifice. Le plus majestueux des chevaux (en fait le seul qui n’était pas encore passé par dessus bord), fut saigné en offrande. Quelques heures après alors que toutes les vivres, les bêtes et deux hommes avaient sombré dans les flots, l’embarcation se stabilisa enfin, submergée par une brume glacée et pénétrante. Ils avaient atteint les brumes d’éther de l’ouest… Noir comme d’habitude
Quand j’ai vu les phares en veilleuse, j’ai senti le danger. Traversant cette calme avenue, j’étais tombée dans le piège. J’ai senti que tout était perdu.
Le cœur au bord des tempes, je continuai mon chemin fixant droit devant le noir dans l’allée. Arrivée à la porte, la clef s’échappa de mes mains fébriles et embarrassées de cours et de mon sac de danse. Je me baissai, les veilleuses s’étaient éteintes. J’ouvris la porte, me retournai et … il était là, immense, planté dans le silence obscur, la main sur la porte. Je fermai les yeux et reculai. Que devais-je faire ? Que devais-je dire ? Déjà son bras solide accrochait ma taille et ses lèvres fermes et douces prenaient les miennes. Le souffle court, pas un mot, pas un cri, le combat était intérieur, le péril était moral. Devais-je lui céder ? Devais-je me céder ? Mon corps brûlait de lui, mon âme se torturait du devoir. Il s’écarta, plongea son regard profond, doux et aimant dans mes yeux comme pour lire dans mes pensées à la recherche de mes derniers remords. Il caressa mes cheveux, me sourit et attendit…ne voulant pas me forcer, comme s’il comprenait que le dernier pas pour le grand saut devait venir de moi. Je fermai les yeux… Le lendemain, je me levai et je préparai mon café noir comme d’habitude. Hébétée par se rêve merveilleux, je retournai m’allonger près de lui. Quand plus tard il est parti, j’ai écarté les rideaux, le ciel était bleu pâle, ce serait peut-être une bonne journée. |
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